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  • 23 août 2016

    Les colonies de vacances et l'odeur des estives après la pluie

    7 commentaires
    Alors que j'avais pris le clavier pour rédiger un billet sur mes seules, uniques et détestables colonies de vacances en 1989, voilà-t-y pas qu'après avoir couché seulement trois lignes, c'est le vide plat... Rien qui ne sorte de valable, pas une idée, ni même l'once d'une envie quelconque d'écrire quoi que ce soit.

    Je l'avais pourtant un peu réfléchi ce billet. J'avais des images, des bruits, mille détails qui nourrissent ce souvenir. Je me souviens vaguement de la couleur ivoire sale des bâtiments années 60 disposés tout en longueur à flanc d'une côte qu'il fallait gravir à pied et qui nous essoufflait lorsque nous regagnions la base le soir venu. De l'infirmerie où toute la colo séjourna tour à tour pour cause de varicelle ayant contaminé les plus jeunes jusqu'aux plus grands. Des réfectoires et de ses lits juxtaposés sous lesquels nous cachions nos provisions de bonbons. Des camarades globalement pas super sympas voire carrément arrogants pour certains...

    Et surtout il y avait le supplice des douches collectives le soir. Je m'arrangeais toujours pour passer le dernier afin de ne pas m'exposer à la vue de tous, paniqué et en proie à un puissant sentiment de malaise que provoquait alors la laideur de ma nudité déjà boulotte face à la sveltesse insouciante de mes coreligionnaires. Je parvenais tant bien que mal à limiter les dégâts jusqu'à ce soir dramatique où le moniteur en eut marre de me voir passer le dernier et me forçat à passer dans les tous premiers. Contraint, je me soumettais alors à l'autorité noyée d'incompréhension aveugle de ce jeune adulte et vécus l'un de mes premiers réels malaises, mêlé de honte. Un drame... Je lui en ai voulu terriblement. Il s'appelait David.

    Je me souviens aussi d'une échange avec mon frère, lui aussi de la partie, qui me demandait lors d'une récréation entre midi et deux : "tu t'amuses toi ?". Ce à quoi je répondis "non et toi ?". Et lui de me répondre par hochement horizontal de la tête assorti d'une grimace triste signifiant "moi non plus". On se faisait chier comme des rats morts. Un véritable fiasco...

    Il y avait bien des activités pour nous distraire et nous occuper. L'une d'elles était un atelier de théâtre dont le but était la production d'un petit spectacle donné en fin de colo dans les villages voisins. 1989, bicentenaire de la Révolution Française. Ça c'était vraiment, vraiment, chouette mais pas assez pour racheter le reste.

    Bien évidemment, lorsque l'année suivante la question de nous réinscrire en colo pour l'été fut posée, mon frère et moi opposâmes un refus catégorique et définitif. Il n'y eu jamais d'autre fois.

    De même, jamais je n'étais retourné sur ces lieux depuis 1989, alors pourtant que ma route vers ma villégiature habituelle dans le Luchonnais passe à quelques kilomètres de là seulement. Aussi, c'est un peu par hasard que la semaine dernière, me promenant du côté de Saint Bertrand de Comminges et profitant des routes de campagne pour découvrir l'arrière pays, je tombais nez à nez avec un panneau indiquant, à quelques enjambées de là, l'entrée du village de la colonie maudite.

    La vitre baissée et roulant au pas, je revis alors au loin les bâtiments invariablement couleur ivoire, disposés tout en longueur à flanc de côte et reconnus, au sortir du village, la route de montagne parée de saponaires de mes souvenirs. C'est alors que je reconnus cette odeur végétale et tourbée à la fois, si particulière et caractéristique des estives après la pluie. Et je compris que la mélancolie produite par cette odeur me venait de son association inconsciente avec cet endroit.

    C'était en 1989, je venais d'avoir 11 ans, et je rentrais en classe de sixième en septembre suivant.

    15 août 2016

    La photo du mois : Les touristes

    11 commentaires
    Bonjour à tous, nous sommes le 15 août et c'est l'heure de notre rendez-vous mensuel avec la photo du mois.

    Je vous rappelle tout d'abord le principe du bidule : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    BigBus nous propose "Les touristes" et nous donne les indications suivantes :
    C'est simple, ce sont les vacances, vous partirez peut-être en vacances, vous en revenez ou bien vous y êtes actuellement. Moi j'aime bien voir des gens sur les photos, alors j'ai choisi : Les touristes. C'est l'époque, et ils sont partout. Sortez vos appareils photos et surprenez-moi encore une fois. Pas de consigne particulière, choisissez même une vieille photo, si ça vous fait plaisir. "

    Hop, voici ma photo.
    De bon matin, un groupe de touristes prend son petit déjeuner à l'ombre des parasols, face à notre belle place du Capitole. La dolce vita à la toulousaine...

    L'excursion continue sur les autres blogs participants :

    AF News, Akaieric, Alban, Alexinparis, Angélique, Aude, Autour de Cia, BiGBuGS, Blogoth67, Brindille, Calamonique, Carole en Australie, Carolyne, Champagne, Chat bleu, Chiffons and Co, Christophe, Claire's Blog, Cocazzz, Cricriyom from Paris, Cécile, CécileP, Céline in Paris, Danièle.B, DelphineF, Dom-Aufildesvues, El Padawan, Estelle, Eurydice, Eva INside-EXpat, François le Niçois, Frédéric, Gilsoub, Gine, Giselle 43, Guillaume, J'habite à Waterford, Josette, Kenza, KK-huète En Bretannie, Krn, La Fille de l'Air, La Tribu de Chacha, Lair_co, Lau* des montagnes, Laurent Nicolas, Lavandine, Lavandine83, Lilou Soleillant, Luckasetmoi, Lyonelk, magda627, Mamysoren, Mireille, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Nanouk, Nicky, Noz & 'Lo, Pat, Paul Marguerite, Philisine Cave, Pilisi, Pixeline, Renepaulhenry, Rythme Indigo, Sinuaisons, Sous mon arbre, Tambour Major, The Beauty is in the Walking, Tuxana, Wolverine, Woocares, Xoliv', écri'turbulente.

    11 août 2016

    Bientôt les vacances

    3 commentaires
    Voici bientôt venu le temps des vacances. Encore vingt quatre petites heures à tenir et j'y serai. Non pas que j'aie un besoin absolu de prendre des vacances, mais le fait de voir les bureaux vides (nous sommes seulement deux survivants sur dix !) et le soleil resplendissant au dehors, incite davantage à la nonchalance qu'au travail effréné.

    Etant le dernier arrivé, je bénéficie d'un calendrier un peu alambiqué puisque mes deux semaines seront coupées en deux par une semaine de boulot.

    Niveau logistique ce n'est pas terrible et m'empêche de pouvoir voyager correctement, ce que j'aurais voulu faire dans l'idéal, si en outre mes finances avaient un poil plus abondantes... Et puis n'ayant eu mes dates de congés que très tardivement (il y a seulement trois semaines) le timing pour m'organiser n'était pas non plus des plus favorables. 

    Bref, cela n'est pas bien grave car de toute manière je vais profiter de ces "deux fois une semaine" pour me ressourcer au vert, au calme, au grand air des Pyrénées, m'en aller sillonner les montagnes à pied et à vélo, bouquiner à l'ombre fraîche d'une vieille maison de pierres, me faire suer la couenne aux thermes et me remettre de tous ces efforts à grands coups de viandes et de fromages locaux. 

    Quelques jours de vacances donc pour mieux affronter septembre et octobre, novembre et décembre, et janvier aussi car je n'aurai pas d'autre congés avant un bon bout de temps et que je compte profiter d'un bloc des trois semaines qu'il me restera à prendre pour remettre un pied en Amérique du Sud.

    N'y pensons pas. Pas encore. Profitons plutôt de l'instant et savourons le présent : c'est bientôt les vacances !

    5 août 2016

    Poésie automatique de l'Oiseau Bleu

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    Bien dire
    by Tambour Major

    Promis 
    Hop ! Barbecue du samedi soir.
    Du gâteau au pommes chez des amis.
    Modifiant cette réponse pour voir.
    (tu en es la preuve vivante).
    Sport...
    Sais rien pour le dépôt de plainte.
    Des bisous de réconfort...
    Ils t'on lancé des cailloux ?
    Qu'un épisode de Sous le Soleil ?
    François en serait presque jaloux.
    Nuit petit colibri des alpilles.
    2 litres de café. Et toi la pèche ?
    Les plaisirs simples :)
    Généré automatiquement à partir de mes derniers Tweets par Poetweet.

    3 août 2016

    En mémoire de C.

    12 commentaires
    Cela va bientôt faire un an que tu es parti. Que tu as décidé de partir... sans crier gare. Longtemps je garderai en mémoire ce moment étrange où, à plus d'une heure du matin, réveillé par un sommeil déjà déficient jouant à cache-cache, je lus cet email déchirant et stupéfiant de M. annonçant la funeste nouvelle.

    Toi et moi c'est une longue histoire. On s'est connus étudiants, en 2003, dans cette bibliothèque feutrée où nous travaillions côte à côte, chacun face à notre ordinateur et à notre pile de dossiers. On s'est tout de suite très bien entendus : bosseurs, glandeurs à nos heures, procrastinateurs en puissance, amateurs de bonne bouffe et de bon vin... 

    Je me souviens de repas mémorables, de cuites extraordinaires, de rires et de soirées formidables de notre petit groupe. La fine équipe : O., C.N. et J. son mari, pour le noyau dur, autour duquel ont gravité d'autres personnalités hautes en couleurs comme nous l'étions chacun à notre manière.

    Toi, tu étais le ronchon de la troupe. Une sorte de Jean-Pierre Bacri, toujours à grogner et grommeler, par simple plaisir. Et nous adorions ça. 

    Un jour est arrivée M., la très belle M. que nous avons aussitôt adoubée  et qui a rapidement rejoint le groupe. Puis il y eut ce matin où, le regard mi-gêné mi-malicieux tu me confiais que, ça y était, M. et toi sortiez ensemble. Vous ne vous êtes d'ailleurs plus quittés. Ce fut ensuite l'appartement du boulevard Griffoul Dorval et nos quelques soirées à jouer à Empire Earth comme des forcenés pendant des nuits entières, à se pourrir la gueule à coups de sorciers venus faire jaillir des volcans au milieu du camp adverse. La bouteille d'armagnac vieux était toujours à portée de main, vaillamment gardée par le chat. Et des rires, encore...

    Puis vint l'arrivée de J., le premier de vos trois enfants. La fac, la thèse, le boulot, la famille, les amis... une vie bien remplie, même si tu étais empêtré dans un schéma d'échec qui te plongeait régulièrement dans un océan d'idées noires dont tu me parlais parfois mais dont je ne prenais alors pas la complète mesure. 

    Le départ pour Bordeaux fut certainement difficile. Te retrouver seul à gérer les trois gamins pendant que M. travaillait n'a pas été simple. Nous en avions parlé cette fois où j'étais venu vous voir au milieu des vignes. J'ai pensé à toi lorsque, pour la dernière Pâques, j'ai ouvert une bouteille de Pomerol que nous avions achetée ensemble cette fois-là.

    On ne s'était pas vus depuis un petit bout de temps. Je ne saurais dire combien exactement. Six mois ? Un an ? Quelques mois plus tôt nous avions longuement discuté au téléphone. C'était en février. Je venais de commencer mon nouveau travail dans cette ville de l'Aude, non-loin de ta belle famille, tandis que toi, de ton côté tu essayais au mieux de te forger une place dans cet Est de la France où M., haut fonctionnaire, venait d'être nommée à son premier poste.

    Enlisé dans une thèse de doctorat que t'évertuais à terminer mais dont tu ne voyais pas la fin, tu m'avais alors parlé de projets en Suisse, d'opportunités nouvelles, d'une lueur d'espoir dans cet océan professionnel où tu semblais te noyer un peu plus année après année.

    C'est finalement un autre choix qui t'aura emporté, à n'en pas douter victime d'un de ces coups de tête sanguins dont tu avais le secret.

    Celui-ci fut le dernier.

    Cela fera un an dans quelques jours. L'église du village était pleine, le temps magnifique et les amis présents nombreux. La journée, couleur de briques et de chaumes, fut baignée de la très belle lumière d'un soleil radieux qui essuyait nos larmes, abondantes.

    Derrière la maison de tes parents où nous nous sommes réunis ensuite, un grand arbre solitaire au milieu d'un parterre de tournesols dorés désignait du doigt le ciel, d'où tu nous observes probablement.

    Cela fera un an dans quelques jours.
    Un an.

    Et je pense à toi souvent.

    1 août 2016

    Independance Day : Résurgence

    1 commentaire
    Independance Day : Résurgence

    Réalisé par :  Roland Emmerich

    Avec : Liam Hemsworth, Jeff Goldblum, Bill Pullman

    Genre : Maman j'ai agrandi le vaisseau-mère, Bâtiment et Travaux Publics, D&Co 1 semaine pour tout changer.

    Durée : 2 heures

    Synopsis : Vingt ans. Vingt ans que les martiens ont débarqué sur notre bonne vieille planète Terre pour la réduire en confettis. C'était sans compter sur l'incommensurable sens du sacrifice de vaillants patriotes, de véritables héros dont on honore aujourd'hui la mémoire et grâce auxquels les vilains aliens se sont fait hardiment botter le cul hors du système solaire. 

    Depuis lors, la paix et l'harmonie règnent ici bas et l'humanité ragaillardie par un sursaut de solidarité entre les peuples profite des avancées technologiques récupérées chez les envahisseurs : voyage à des vitesses ahurissantes, armes ultra sophistiquées, vaccin contre les mycoses vaginales, les émissions de Cyril Hanouna...

    Mais tandis que la foule est à la liesse en cette fête du 4 juillet, un bitoniau intergalactique approche dangereusement de la Terre. Rapidement dégommé au plasma-laserotron à synchronisation axiale judicieusement posé en avant-poste sur la Lune, les hauts stratèges crient victoire. Victoire ? C'était sans compter que, vingt ans plus tard, les martiens ont toujours la rancune tenace et que Big Mama est bel et bien décidée à revoir, à sa façon, le plan local d'urbanisme...

    Heureusement on peut compter sur de courageux, dévoués et jeunes patriotes prêts au sacrifice ultime pour, à nouveau, passer de la bite d'alien au cirage et sauver - encore une fois - le monde. 

    Extraits :
    Zim zim zim !- Ho un bitoniau intergalactique...!
    Paf croumpf patatrac !
    - Ouéééééé on les a eus !
    Brrrrrroooooooooooom
    - Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !
    Zim zim zim !
    - Est-ce que tu baises ?
    Badaboum crash
    - John comment les arrêter ?
    - J'avais d'abord pensé à une énorme tapette à souris géante...
    Paf croumpf patatrac !
    - Victoire !
    L'avis de la rédaction : Tout en subtilité, loin, très loin des clichés habituels hélas inhérents au genre héroïco-sciencefictionnesque tendance bannière étoilée, Independance Day : Résurgence est un modèle de sobriété poussant le réalisme des situations à un degré rarement atteint, mariant de pair finesse psychologique et finesse scénaristique, servi par un déluge d'effets spéciaux ahurissants.

    Avec  Independance Day : Résurgence Roland Emmerich nous livre donc une oeuvre intensément poétique, d'un lyrisme raffiné, à l'écriture ciselée, étourdissant et virtuose, qui n'est pas sans rappeler les meilleures pages d'un Maupassant. 

    Aussi ce n'est pas sans une bouffée de contentement que l'on repense avec délices à Euripide : "Une fois qu’on a dépassé la mesure, il n’y a plus de limite". Car à l'instar de Dieu et de la bêtise humaine, de limite, ce film n'en connaît manifestement aucune...

    Certes ce n'est certainement pas le film du siècle. Mais dans le genre du gros blockbuster abrutissant et divertissant, Independance Day : Résurgence se place en bonne position et vous fera passer un agréablement moment tout au long de deux heures relativement intense qui passent, ma foi, avec l'aisance d'un suppositoire à la glycérine.

    What else ? 

    En conclusion : En un mot comme en cent : le parfait film du dimanche soir.

    Note : Suppositoire à la glycérine d'argent.

    26 juillet 2016

    Ras la cuve

    10 commentaires
    Un nouvel incident aujourd'hui. Un nouvel attentat, soit-disant revendiqué par des fous de dieu en mal de sensations fortes. Non pas un lieu de foule, non pas un aéroport, non pas un camion de la mort roulant à fond de train sur une avenue piétonnisée. Non. Un curé et des bonne sœurs, en pleine messe. L'archétype de l'inoffensif... Un symbole pourtant très fort.

    C'en est trop. Trop en trop peu de temps pour que nous comprenions ce qui est en train de nous arriver. Peut-être est-ce déjà trop tard pour que nous puissions réagir et couper court à la gangrène qui nous bouffe malgré nous et dissout peu à peu un lien social déjà fortement distendu.

    Je ne jetterai pas la pierre à untel ou à tel autre en hurlant qu'ils n'en ont pas fait assez ou pas fait assez bien au bon moment, qu'ils n'ont pas pris la juste mesure des choses, qu'ils ont laissé faire et s'installer les racines désormais solidement ancrées d'un arbre sur lesquels mûrissent aujourd'hui les funestes fruits du mal.

    Je constate seulement que la situation tourne au vinaigre, que l'on en a certainement perdu le contrôle et que, quoique veuillent le dire nos élus dont encore aujourd'hui Ségolène Royal, la peur monte. Parce que démonstration est faite que nulle part nous ne sommes réellement en sécurité..

    Pendant ce temps, je subodore que nos fous de dieu à nous en mal de croisade et nos revanchards de la souveraineté nationale de grand-père en petite fille, se frottent les mains, songeant à tort ou à raison que les faits leur donnent enfin raison.

    Elles vont être belles les prochaines élections...

    25 juillet 2016

    Ma bulle

    1 commentaire
    J'ai passé un excellent weekend. Ce billet pourrait s'arrêter là et ne rien dire de plus tant il résume parfaitement ma pensée. Cela serait, il est vrai, un peu court.

    Excellent weekend donc en ce que j'ai pu, à l'instar du précédent, prendre du temps pour moi, sans contrainte, en totale liberté. La liberté de me lever malgré l'heure très matinale, puis de larver dans le canapé devant des téléachats débiles. La liberté d'écouter des psaumes du XVIIe siècle à fond les ballons en arrosant mes plantes sur le balcon puis en faisant un brin de ménage dans la cuisine. La liberté de faire ce que je veux sans avoir la contrainte d'occuper quelqu'un ni d'être obligatoirement aux petits soins. La liberté de regarder les derniers épisodes d'une excellente série et dont je déplore déjà la fin... (Stranger Things : foncez !!! C'est extra !).

    Un samedi au calme, qui m'a permis de me retrouver un peu seul à seul avec moi-même, chose que je n'ai pas le temps de faire en semaine vu mes journées et qui m'est pourtant, comme je suppose que ça l'est à tout un chacun,  indispensable. "Tu es un célibataire endurci" m'a dit F. cette semaine au téléphone, alors que je lui disais que ne pas nous êtres vus le weekend dernier (nous nous sommes vus le 14 juillet) m'avait fait du bien, pour cette même raison.

    Cela fait en effet deux weekends consécutifs que nous ne nous sommes pas vus F. et moi. Le précédent c'est lui qui avait des obligations familiales au Nord de la Loire. Ce weekend dernier c'était moi qui y était astreint, au milieu des vignes et des champs. Et redécouvrir que le temps du samedi et du dimanche peuvent être des havres de paix, de douceur et de quiétude m'a fait un bien incroyable. Célibataire endurci ? Non, je ne le pense pas. Je crois que cela n'a rien avoir avec le besoin d'être au calme et de prendre du temps pour soi, pour ne pas étouffer, tout simplement.

    J'ai passé un excellent weekend donc, sans lui, mais avec toute ma famille. Quatre générations réunies pour faire la fête autour d'un grand repas à l'ombre d'un agréable patio. Comme l'an dernier à peu près à la même époque ce fut un moment parfait, plein de jolis instants, de sourires, de tintement des verres et d'enfants qui se jettent dans la piscine. On m'a trouvé plus serein, apaisé, avec une bonne mine, ce qui confirme encore une fois que quitter mon précédent boulot fut l'une des meilleures décisions de l'année. J'ai aussi revu ma cousine et son incroyable mari avec qui je me découvre une multitude de passions communes bien lointaines de nos univers professionnels respectifs. 

    Un weekend dans ma bulle, cette bulle cotonneuse et douillette de ma vie sociale et familiale dont j'ai terriblement besoin.

    Un weekend sans lui.
    Et il ne m'a pas manqué.
    Du tout...

    18 juillet 2016

    Brochettes de fruits au romarin

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    Certains petits bonheurs sont tellement simples que l'on aurait grand tort de s'en priver. Ho, vraiment, trois fois rien. Tu ne te ruineras pas. Par contre, tu vas te régaler.

    Viens pas ici, je te montre.

    D'abord, tu fais du feu dans ton barbecue. Si tu as du charbon, tu mets du charbon. Moi j'avais des ceps de vigne et de l’acacia. C'est bien l'acacia. Ça fait la braise chaude et longue. La vigne, c'est pour le goût, et parce que ça brûle bien. Les braises d'acacia et de bois de vigne, tu m'en diras des nouvelles.


    Ensuite, parce que ton feu est bon, tu en profites pour faire griller un peu de viande et des légumes. Parce qu'il faut bien se nourrir, hein ! Là j'avais des coustellous (des travers de porc, pour ceux qui ne sont pas de la région). Pour leur tenir compagnie, j'avais coupé des aubergines, des courgettes, une patate douce, et des poivrons. C'est simple le bonheur.


    Parlons peu, parlons bien, revenons à nos brochettes de fruits.

    Dans ton jardin, armé d'une paire de sécateurs, tu coupes des branches de romarin, assez longues et solides. Une par personne. Ensuite, tu prends des abricots et des prunes, pas trop mûrs, que tu coupes en deux et dont tu enlèves le noyau. Et là, on arrive à un degré de technicité hors pair : tu les embroches sur les tiges de romain.

    Et... c'est tout.


    Bon, moi j'ai fait avec des abricots et des prunes, mais j'imagine qu'avec des pèches ça ne devait pas être mal non plus...

    Une fois que tu en as terminé avec tes coustellous, que les gamelles sont vides et les verres encore un peu plein, et que tu auras pris le soin de laisser pendant tout le repas la grille sur le feu, tu y mets les brochettes de fruits. Idéalement il te faut des braises encore bien vives et les fruits à faible portée, pour que ça caramélise un peu.

    Si tu es un peu gourmand (et comme tu lis ces lignes, tu l'es forcément un peu), tu auras préparé un ramequin avec 3 cuillerées à soupe de jus de citron, 3 d'eau et une cuillerée à café de miel, pour badigeonner tes fruits une fois placés sur le feu, de temps en temps, avec un pinceau.

    Pendant la cuisson, le romarin va cramer un peu. C'est pas grave, et c'est même tant mieux. C'est là que les arômes vont s'instiller dans les fruits. Un peu comme quand tu fais de la confiture d'abricot et que tu mets une branche de romarin dedans, pour l'arranger...

    La cuisson est assez brève. Lorsque ça commence à sentir la compote, tu y es. 


    Tu vois, quand je te disais que ce n'était pas la peine de se priver ? 
    Allez, va, régale-toi tant que c'est chaud. 

    16 juillet 2016

    Le parfum fauve des tournesols en fleurs

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    Aucune plante ne saurait m'être plus symbolique de l'été que le tournesol. L'été de mon enfance, celui des canicules du midi toulousain, des après-midis blancs où la chaleur s'écrase sur les volets clos et des pies jamais lasses qui bavardent dans les caroubiers.

    L'été, la maison est bordée d'un océan de chaumes blonds qui se hérissent sous le bleu du ciel, ponctué par les flots d'or des tournesols qui mûrissent lentement au soleil.

    Les lézards jouent sur les murettes, les sauterelles stridulent dans les herbes hautes du pré interdit, le chien dort sous le vieux noyer et des ramequins blancs se garnissent de glace à la pistache avec un verre de lait une fois le quatre heures venu...

    Tout dans le tournesol m'évoque l'été, le soleil. Rien que de par son nom : tourne-sol... Une invitation quasi mystique. Sa fleur ensuite dont la corole ornée d'une crinière de pétales, imite jusqu'à la forme du soleil. Et il y a surtout son odeur...

    La prochaine fois que vous passez à côté d'un champ de tournesols, arrêtez-vous, approchez votre nez, fermez les yeux et laissez-vous séduire par cette force de la nature qui veut rendre au soleil en arômes ce qu'il lui prend en chaleur.

    Car ce qu'il y de plus extraordinaire dans le tournesol, c'est certainement son parfum. Brut, fauve, piquant, mat, profondément masculin. Il y a là quelque chose qui relève de la virilité primale, presque animale. Sous ses dehors débonnaires le tournesol répend malgré lui ses puissantes effluences de colosse. J'imagine sans peine que les lutteurs du Bosphore sentent bon le tournesol.

    Oui, il est terriblement envoûtant, le parfum fauve des tournesols en fleurs...